Le cerveau, cet organe merveilleux!

Est-ce que toi aussi, quand quelqu’un te dit: « T’es moins maquillée aujourd’hui, non? » Tu entends; « Oh la vache!! T’as vraiment une sale gueule!! »?? Parce que moi, c’est le cas! Et j’ai constaté que, de manière générale, une partie de mon cerveau qu’on pourrait qualifier de « traducteur personnel » s’active à l’entente de certaines phrases comme:

Lorsque quelqu’un passe un moment à s’émerveiller devant ma fille à base de « qu’est-ce qu’elle est belle », « c’est dingue cette bouche qu’elle a », « et ses yeux! Ils sont beaux ses yeux », « non, vraiment elle est sublime », pour terminer l’air de rien par: « et c’est dingue, mais elle ressemble à aucun d’entre vous! Non vraiment! C’est ni son père, ni sa mère cette petite ». Comment te dire?? Alors oui je suis flattée quand on me dit que ma fille est belle. Certes…. Mais je traduis la dernière phrase par: « Elle s’en sort bien quand même!! » Et ça, ça pique un peu!

Dans la base de données de mon traducteur, il y a aussi une entrée pour le fameux: « T’as quel âge déjà? » que je traduis logiquement par « T’as tellement pris chère ces dernières années ma vieille que j’ose même plus m’avancer… »

Mais mon cerveau n’est pas seulement doté d’une traducteur perso, il est aussi pourvu de diverses alarmes qui ont toutes une certaine utilité. Je t’explique le truc vite fait, à l’entente de certains débuts de phrase, disons que je visualise une sorte de WARNING qui m’avertit. Ça peut prendre différentes formes et survenir après différentes phrases.

Exemples:

A toutes phrases commençant par « Ne te vexe pas mais » : Exemple typique de mon warning que j’ai nommé (très chastement) , le « warning oh putain ça va chier ». Non parce que soyons clairs, on est d’accord que ce qui suit ce genre d’intro est forcément vexant et que le fait qu’on t’avertisse en sous-entendant EN PLUS que tu as un côté susceptible et que c’est pour ça qu’on prend la peine de te souligner le caractère soit-disant non offensant d’une fin de phrase forcément négative à ton égard ça va forcément décupler le ressenti de la critique!! Oui, alors autant te dire que mon warning « oh putain ça va chier » déclenche des réactions un peu violentes de ma part, du genre:

Mon interlocuteur: « Bon, Anaïs, surtout ne te vexe pas, mais… »

Moi: « Ta gueule! Si tu veux pas me vexer, ta gueule! Si, si je t’assure »

Ou, variante moins violente, mais un brin plus puérile:

Mon interlocuteur: « Bon, Anaïs, surtout ne te vexe pas, mais… »

Moi (les deux mains sur les oreilles et me mettant à hurler): « NANANANANANA, j’entends pas! Je m’en fous! NANANA »

A toutes phrases commençant par « tu vas rire », un warning moins violent, mais plus stressant se met à clignoter. Celui-là, je l’ai appelé, le warning « à l’agachon » (instant « traduction, sud de France et produits de la mer de l’article »: pour les non-initiés, « être à l’agachon » signifie adopter une posture d’affût en pêche sous-marine, autrement dit: tu bouges plus, t’attends le poisson. Voilà, l’instant merlan est terminé).

Bref, pourquoi ce nom de warning, tout simplement parce que je suis une putain d’angoissée! Du coup, quand quelqu’un m’annonce que ce qu’il va me dire est censé me faire rire, je le prends au pied de la lettre. Je veux pas le vexer et je me concentre donc à 800% pour rire au moment attendu. Du coup, je suis en apnée tout le temps de son histoire (on en revient sans le vouloir à la pêche sous-marine! C’est fort quand même! Mais je m’égare…) et je suis à l’affût du moment où je suis censée rire. Bon, une fois sur deux, je ris trop tôt ou trop tard…

Dans le même genre, j’ai le warning « passe pas pour une conne meuf!!! » Celui-là se déclenche à chaque phrase qui commence par « Ah, toi qui as fait du droit ».

Non mais sérieux les gens, arrêtez! Vraiment!! Arrêtez!! Quand je suis sur la plage, tranquille en train de lire mon Néon Magazine, vous pensez vraiment que j’ai envie (et la capacité) de me replonger dans mon cours de Master 1 pour répondre à votre question de succession….? Si vous avez un doute quant à la réponse: c’est NOOONN!

Mais voilà, mon warning « passe pas pour une conne meuf » m’oblige à fouiller mentalement dans les recoins de mon cerveau pour trouver la réponse. Bon, je vais pas te mentir, la plupart du temps ce que je trouve dans mon hipoccampe (encore une référence à la… non OK j’arrête avec ça) qui se rapproche le plus à un souvenir de Master 1 se résume à un fou rire en TD de droit des sûretés à cause d’un blanco… Autant te dire que ça me sert pas à grande chose dans ce genre de situation…

J’ai enfin le warning « position off du cerveau » qui se déclenche à chaque fois que quelqu’un commence un laïus en me disant « non mais tu verras quand ».

Tu peux faire suivre cette phrase par beaucoup de choses, ex: « tu auras un deuxième enfant. Tu auras enfin fini tes études. Tu auras un vrai métier. Tu auras plus d’expérience ».

J’ai décidé il y a bien longtemps d’adopter une posture que je qualifie de passive/non agressive face à genre de situation. Du coup, je mets mon cerveau sur off, je fais totalement abstraction du contenu du discours de la personne en face de moi tout en prenant un air très concentré pour lui donner l’impression que « oh oui, je suis impressionnée face à autant d’expérience et de prise de recul » alors qu’en réalité je m’obstine simplement à essayer de ne pas le frapper à la glotte.

Voilà. C’était donc une visite guidée de mon cerveau, mais je suis sûre que toi aussi tu as un traducteur personnel et des warnings intégrés, n’est-ce pas?

 

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