Le concept de « la journée de merde »

Journée de merde-La parenthèse d'Anaïs

Tout le monde connaît l’expression VDM pour Vie De Merde! Je l’emploie assez régulièrement associée à ma variante personnelle: »La vie, ça pue.. » Mais souvent j’avoue que j’exagère un peu. Genre, il y a plus de saucisson et je lance un « La vie ça pue ». Je craque mon jeans et je hurle un « Vie de merde!!! » Bref, tu l’auras compris, je ne suis pas fille modérée et je tombe donc très vite dans l’excès! Pourtant, il y a des jours où je pourrais cesser de communiquer et m’exprimer qu’en « VDM » ou « La vie ça pue »! Tu les connais ces jours là? Tu sais, les jours où tu te lèves et tu ne sais pas comment l’expliquer, tu ne sais pas non plus pourquoi, mais tu sens que ça va être une bonne grosse « Journée de merde »!!!

Perso, j’en ai vécu deux dans ma vie (et d’ailleurs s’il y a un barbu habillé en blanc planqué derrière un nuage et qu’il pouvait considérer que deux c’est un bon chiffre et qu’on peut s’arrêter là ça serait plutôt sympa).

Ma première Journée De Merde a eu lieu il y a maintenant cinq ans. J’étais étudiante en Master 1 et ce jour là en descendant de mon train à Gare de Lyon j’ai senti qu’il y avait un truc qui tournait pas rond, comme une sorte de gros nuage gris juste au dessus de ma tête (comme dans les dessins animés mais en beaucoup moins marrant). Et mon pressentiment s’est vérifié à peu près 2 minutes plus tard lorsque je me suis rétamée de tout mon long sur le passage piéton devant la gare sous les yeux d’une file de taxis (qui râlait parce que je mettais trop de temps à me relever) et pas mal (TROP) de passants. Il pleuvait (d’où ma chute, c’est fou ce que les bandes blanches des passages piétons sont traitres par temps de pluie), mon pied a glissé et je ne pensais qu’à sauvé mon ordi donc je me suis retrouvée littéralement à genoux (en position de prière) mon ordi à bout de bras, et mon jeans dans un état lamentable. Déjà, reconnais que la journée part mal. En plus de ça, la chute s’étant produite devant l’arrêt de bus, j’ai du attendre mon bus avec des gens qui, pour la plupart, avaient un fou rire incontrôlable (les salauds). Je n’ai jamais su s’ils riaient à cause de ma chute ou de mon cri au moment de la chute qui en gros était de l’ordre de Rhaaaaaaawhoohohoo!!!.

Si ça c’était arrêté là… Mais non. Arrivée à la fac, je retrouve une copine devant la salle de TD qui me demande pourquoi mon jeans est tout taché aux genoux (ben oui, il pleuvait donc grosses taches dégueulasses et en plus de ça je saignais…). Et là, va savoir ce qui s’est passé dans mon tout petit cerveau, au lieu de me contenter de lui dire « je suis tombée » point barre. Je décide de lui faire une reconstitution de la chute et lui montre exactement dans quelle position j’ai terminé. Et c’est donc au moment où je me retrouve à genoux avec les bras en l’air que mon chargé de TD arrive derrière moi. Je n’ai jamais vu autant de mépris dans les yeux de quelqu’un…

Après n’avoir rien suivi de mon TD j’ai décidé de conjurer le sort et de sécher les cours de l’après-midi avec dans l’esprit que si je rentrais chez moi ma Journée de Merde serait terminée. Sauf que je n’avais pas envisagé qu’il me fallait rentrer chez moi… Et qu’il peut s’en passer des choses sur un trajet…

En résumé, dans le train qui me ramenait chez moi, j’ai décidé de manger mes deux tranches de cake aux olives que j’avais prises pour le repas de midi. Mais qui dit Journée de Merde dit olives de merde! Il restait un noyau dans une des olives. Je l’ai pas vu. Je me suis étouffée. J’ai bu toute ma bouteille d’eau en voyant défiler ma vie en me disant que si je ne reprenais pas ma respiration j’allais surement rentrer dans le Top 100 des morts les plus connes de l’histoire. Finalement, le noyau est passé. Je suis arrivée chez moi, j’allais pleurer de bonheur tellement j’étais heureuse d’être enfin en terrain ami. Mais j’ai finalement pleuré de rage en m’apercevant que j’avais oublié mes clés et que mon chéri ne rentrerait que dans 3h. Journée de merde jusqu’au bout.

J’ai souvent pensé à cette journée avec le sourire. Ben oui, sur le coup, t’es dégoutée mais avec du recul tu peux en rire. Mais hier, j’ai passé la journée à me dire « Putain j’y suis!! ça y est. C’est ma deuxième Journée de Merde ».

Tout a  commencé de manière très soft! Je suis en train de me préparer chez moi et je reçois un texto de ma cousine: « Si t’as rien à faire, appelle la radio, ils offrent des cadeaux aux gens qui sont nés le XXX (suspens sur ma date d’anniversaire…) ».

Moi, pas pressée qui me dit que ça doit être des cadeaux pourris (et puis je gagne jamais aux jeux) je mets 5 bonnes minutes à lui répondre : « Mais c’est quoi les cadeaux? ».

Réponse de ma cousine « Ben la fille qui vient d’appeler à ta place, elle a gagné 1500€!! »

Ô rage! Ô désespoir! Et le plus rageant c’est le texto qui vient juste après « il fallait choisir entre le cadeau 1, 2 ou 3. T’aurais choisi lequel toi? »

Moi: « Le 3 »

Message de ma cousine « Ben soit dégoutée. C’était le bon choix! Au lieu de pinailler… Tu pourras faire un nouvel article sur ton blog! Hahah, comment j’ai raté un mois de salaire. » J’ai donc commencé la journée en paumant 1500€! C’est pas comme si j’en avais besoin en plus.

Mais bon, si on s’arrête à ça, ça va! C’est une journée plutôt sympa. Sauf qu’une heure après, j’appelle le service RH de ma boite pour demander si c’est normal de ne toujours pas avoir reçu le papier (super IMPORTANT) que je leur ai demandé la semaine dernière et dont j’ai besoin pour DEMAIN. Et là, je sens direct qu’il y a un truc qui ne va pas… La femme au bout du fil est mal à l’aise. Elle me met en attente et au bout de 5 minutes me reprend en me disant: « Bon, j’ai une mauvaise nouvelle. La responsable de votre dossier ne l’a pas fait et elle est en vacances pour toute la semaine. Nous, on ne peut pas le faire parce qu’on n’a pas accès au logiciel ». J’aimerais te dire que je suis restée digne et que j’ai relativisé mais au lieu de ça j’ai appelé mon chéri en chialant.

Bon heureusement, la journée s’est assez bien passée par la suite, jusqu’à ce que je rentre chez moi. C’est toujours quand on est le plus près du but que ça part en saucisse (j’assume parfaitement cette expression!!). Arrivée à la gare de ma ville, je monte dans un bus qui est censé m’amener chez moi sauf que je sais pas ce que j’ai foutu… Hé oui, je te laisse imaginer la détresse dans mes yeux quand au lieu de prendre tout droit direction centre ville, le bus à tourné à droite direction la ville voisine. Je te laisse aussi imaginer la façon hystérique avec laquelle j’ai de suite appuyer sur le bouton « prochain arrêt ». Je ne te décris pas non plus la manière dont une larme a coulé sur ma joue quand j’ai compris que le bus était direct jusqu’à la prochaine ville. Enfin, je ne peux pas t’expliquer toutes les émotions qui m’ont traversé quand je me suis retrouvée dans un quartier résidentiels d’une ville que je ne connaissais pas à 18h par 5°C. Mais pour te donner une idée j’ai d’abord tapé le panneau d’arrêt de bus. J’ai ensuite crié parce que je me suis fait mal au poignet en tapant. J’ai marché l’air hagard dans des rues où aucune voiture ne passent. J’ai hurlé « Ta gueule » à un chien qui m’aboyait dessus. J’ai éclaté de rire parce que j’avais fait peur à une petite vieille en criant. J’ai appelé mon chéri en mode projet Blair Witch « je sais pas où je suis. Viens me chercher! J’ai peur! Mais je sais pas où je suis!! Mais viens me chercher quand même! Débrouille toi stp!! Le prochain bus est dans un quart d’heure et il y a 16 arrêts avant celui de la maison! »

Arrivée à la maison, j’étais enfin contente et rassurée. Cette journée de merde touchait à sa fin. J’ai pris ma fille dans mes bras. Elle m’a repoussée parce que j’avais les mains froides…Bébé ingrat. Je l’ai donc posée dans son parc et je l’ai regardée jouer avec des étoiles dans les yeux en me disant « tant qu’elle va bien, le reste, je m’en fous ». Et bien sûr, j’ai fait la boulette. J’ai voulu envoyer un de ses jouets dans son parc (un jouet en plastique assez dur, pour info) et là, truc improbable: le jouet a tapé contre mon ballon de pilate qui était derrière elle, a rebondi et est passé à 2 cm de sa tête.

C’est là, juste là que je me suis dit « bon allez, je vais me coucher, je touche plus à rien, demain sera un autre jour!!! »

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5 thoughts on “Le concept de « la journée de merde »

  1. Olala mais c’est tellement ça, LA journée de m** où tu te dis que pire c’est pas possible et tu réalises qu’on n’est qu’en début d’aprem donc encore plein de m** potentielles…! Le coup du bus est trop bon, l’avantage c’est de pouvoir en rire (après , et par les autres 😉

  2. C’est qui cette peste de cousine qui ose te faire commencer tes journées comme ça… que j’aille lui faire une prise de judo !!!

  3. @alinette: le coup du bus m’a achevé… @Eva: Elle est belle la famille!!! N’empêche, je suis bête et disciplinée. Tu me dis d’en faire un article et j’en fais un article!!!

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