La plage avec un enfant…

Il faut qu’on parle ! D’une parce que ça commence à faire un petit moment que j’ai rien écrit sur ce blog…. Et de deux, parce qu’il faut que je partage avec toi une prise de conscience qui, je suis sûre, t’a traversé l’esprit si tu es jeune (ou moins jeune) parent.

Cette prise de conscience est simple et elle s’est imposée à moi il n’y a pas si longtemps.

Je te resitue le contexte : j’étais en train de faire mon troisième aller-retour entre la porte d’entrée et le coffre de la voiture, chargée de mon deuxième sac, de la tente de plage et des lunettes de soleil de ma fille quand je me suis dit : « Putain (oui, parce que je suis une fille vulgaire ») ! C’était quand même beaucoup plus simple et apaisant avant la plage quand même ».

Tu trouves pas franchement ?

Alors oui c’est trop bien d’amener bébé pour la première fois à la plage. C’est trop mignon de le voir exprimer à la fois de la crainte, du dégoût et aussi de l’intérêt lorsqu’il enfonce son petit pied potelé pour la première fois dans le sable.

Oui, c’est génial quand bébé (un peu plus grand) éclate de rire en sautant dans les vagues et, pris par un manque de courage soudain, se jette dans tes bras pour t’escalader devant des vagues un peu trop hautes à son goût.

Et oui, je reconnais qu’aujourd’hui encore, je n’ai pas trouvé de vision plus magnifique que les froufrous du maillot de ma fille qui court à l’eau toutes les 2 minutes et demie et qui bougent au rythme du dandinement de ses petites fesses rebondies !

Mais quand même… OK c’est sympa, mais reconnais que les après-midi plages ont bien changé depuis que tu es devenu(e) parent, non ?

Je ne sais pas toi, mais de mon côté, avant le schéma d’un après-midi plage était très simple: vers 16h, on remplissait un sac avec les éléments de base, à savoir, deux serviettes de plage, une bouteille d’eau dans un pseudo sac isotherme, deux magazines et/ou un roman sympa, un cousin gonflable histoire d’être installée confortablement et une bouteille de crème solaire. On mettait le sac en question sur l’épaule, une paire de claquettes aux pieds, et hop, c’était parti pour un après midi détente à la plage!

Aujourd’hui, c’est une autre histoire.

Déjà, à chaque fois qu’on prend la route de la plage, j’ai l’impression qu’on part pour une semaine. Entre la tente de plage (sous laquelle ma fille ne passe pas plus de 2 minutes), le sac d’affaires de rechange, celui de jeux de plage, le GROS sac isotherme rempli d’eau, compote, melon, etc., le sac avec les papiers, les clés, la crème solaire et les affaires de la puce, le coffre est plein à chaque fois!

Et même si tu penses t’être bien organisée pour cette fois, tu peux être sûre qu’arrivée à la plage, tu auras droit à ce genre de conversation:

-« Il est où le tee-shirt anti UV de la petite? »

-« Dans le panier »

-« Non »

-« Dans le sac rose »

-« Non plus… »

-« Bon, ben alors probablement sur la table de la salle à manger »….

Une fois sur place, le rituel a changé.

Avant, tu installais ta serviette, tu t’allongeais en fonction de la position du soleil pour avoir LE bronzage parfait. Tu t’appliquais ta crème solaire de manière parfaitement homogène, tout ça sans avoir un grain de sable sur la peau ni même sur la serviette. Et bim, c’était parti pour 1h/1h30 de lecture.

Au bout d’1h30, quand ta peau était bien ensoleillée, tu daignais te diriger vers l’eau en parcourant une vingtaine de mètres (parce qu’à l’époque tu te mettais loin de l’eau dans ce que j’appelle la « young zone » = loin de l’eau et des familles, proche des terrains de volley en mode « à la cool »). Tu prenais la température pendant un bon quart d’heure en fusillant du regard les enfants mal élevés qui osaient t’éclabousser alors que ton corps n’était pas encore prêt.

Et puis, enfin, tu te lançais en avançant dans l’eau toujours progressivement.

Et tu revenais à ta serviette en faisant toujours attention à faire en sorte que seulement tes pieds entrent en contact avec le sable.

Et puis tu séchais au soleil jusqu’en début de soirée où tu décidais de partir en rassemblant rapidement tes affaires, en te douchant vite fait et hop, tu rentrais chez toi détendue….

Est-ce que comme moi, le sentiment de quiétude qui t’animait jusqu’alors t’a totalement abandonné depuis l’arrivée de ton enfant?

Aujourd’hui, quand tu arrives à la plage, tu as changé d’endroit de prédilection. Tu a déserté la « young zone » pour entrer dans la « family zone » (bordure d’eau, sable humide et zéro distance avec les voisins).

Tu installes tes serviettes ton campement pendant 10 minutes en répétant cette phrase inlassablement et en haussant le ton crescendo: « tu attends, tu n’as pas les brassards! » TU attends, TU n’as pas les brassards! » « TU ATTENDS, TU N’AS PAS LES BRASSARDS! ».

Tu tentes désespérément d’installer ta serviette comme à la bonne époque (sans un grain de sable dessus), mais c’est sans compter sur ta progéniture qui, bien décidée à construire LE CHÂTEAU de FOU de la plage, balance ses pelles et râteaux sur TA serviette tout en se mettant à courir et à se réfugier sur TA serviette après avoir enlevé ses chaussures et s’être rendu compte que le sable était chaud.

Puis, tu vas tenter d’épousseter au moins une fois ta serviette en priant Sainte Rita, la patronne des causes perdues, pour te rappeler 2 minutes après que Dieu n’existe pas au moment où ta fille/ton fils va venir coller sa serviette à la tienne en ramenant 8 tonnes 5 de sable…

Et puis vient l’heure de la protection solaire.

Oui, parce que depuis que tu as un enfant le soleil est devenu ton pire ennemi. D’une parce que désormais, tu n’es plus toute jeune et que le soleil qui te rendait canon il n’y a pas si longtemps s’amuse désormais à transformer ton visage en Tâche géante (tu t’en souviens, je t’en avais parlé ici) et, surtout, le soleil pourrait s’attaquer à la peau de ton enfant, et ça, c’est pas possible.

Du coup, à peine arrivée, tu asperges ton enfant de crème solaire, tu te bats avec le col de son tee-shirt anti UV pendant que ton enfant se débat dans tous les sens en criant au choix:

« Mon OREILLLLLEEE!!! »

« Mes CHEVEUUUUUUUUX! »

« Ma TÊÊÊÊÊTTTTE! »

Tu arrives enfin à lui enfiler son tee-shirt. Tu lui visses sur la tête un chapeau aux rebords si large qu’il est obligé de marcher le cou complètement tordu pour voir à qui il s’adresse. Puis, c’est le tour des lunettes de soleil et enfin, celui des bouées. Pendant ce temps, ton fils ou ta fille t’a déjà demandé 14 fois: « ze peux aller me baigner?? »

Sauf, que toi, tu es toujours habillée sans aucune protection solaire et tu pleures intérieurement de voir ta serviette à moitié ensevelie par le sable.

Pressée par le quinzième « ze peux aller me baigner? » Tu te déshabilles rapidement, tu t’asperges de crème solaire sans prendre le temps de l’étaler et tu pars vers l’eau en sachant que tu t’apprêtes à vivre le moment le plus compliqué de la journée que j’appelle: « l’entrée dans l’eau totalement subie ».

Ben oui, parce que tout ton rituel de jadis en mode « je prends mon temps pour me mouiller. Mon corps doit s’habituer à la température de l’eau », tu peux t’assoir dessus…

Non, maintenant, l’entrée dans l’eau est faite en fonction du rythme de ton enfant qui équivaut en général à 250 km/h. C’est simple, tu as à peine atteint le sable humide que ton fils/ta fille a déjà mis trois coups de pied dans l’eau, qu’il/elle te tire la main pour courir dans les vagues et que tu es trempée jusqu’aux lunettes.

Et bien sûr, toi qui aimais t’éloigner un peu pour nager, aujourd’hui tu es cantonnée à la « urine zone » (autrement dit, les 10 premiers mètres) qui a le mérite de posséder une eau chaude certes, mais qui présente l’inconvénient d’être remplie d’urine, d’enfants qui sautent (et t’éclaboussent), de couples de touristes qui jouent au ballon ou aux raquettes (et qui t’éclaboussent)…

Puis, les lèvres de ton enfant vont commencer à bleuir, tu vas lui dire (6 fois) qu’il faudrait peut-être sortir, puis vous aller enfin sortir.

Vous allez arriver à la serviette au campement couvert de sable. A peine installée, tu auras droit à « maman, z’ai faim ».

Une fois son estomac rempli, ce sera le tour de « maman, tu fais un château avec moi? » Bon là, je reconnais que perso, je dis pas non et c’est même ma fille qui en a vite marre parce que je lui impose mon projet architectural et qu’elle a droit à des phrases du genre:  « OH, on n’est pas là pour rigoler ok! » et en général, elle se lasse d’aller me chercher des seaux d’eau au bout d’un quart d’heure (je t’en avais déjà parlé ici).

Preuve en image (mon dernier chef-d’oeuvre en date):

Puis, une fois que tu auras reproduit ton Winterfell miniature, tu décideras probablement (naïve que tu es…) de bronzer un peu.

Tu t’allongeras, tu fermeras les yeux et tu écouteras le bruit reposant de la mer (en faisant abstraction des « Jordan, je te jure tu vas te baigner que tu le VEUX ou non! On a payé la semaine, faut amortir!! ») jusqu’à ce que tu sentes du sable couler sur tes jambes, puis des petites mains aplatir ce sable. Tu n’auras pas besoin d’ouvrir les yeux pour comprendre que ta progéniture a eu l’idée fabuleuse d’ensabler tes jambes et puis, sans avoir le temps de comprendre que son père est en train de l’aider (ce traitre!!) tu n’auras plus que le buste qui dépasse.

Et viendra l’heure du départ. Après avoir répété 26 fois que « c’est l’heure!!!! » tout en rinçant tous les jouets de plage et en pliant le campement, tu te dirigeras vers la douche où ta fille/ton fils ne pourra pas s’empêcher de faire pipi en te foutant la honte devant les autres familles en criant « Maman!! Regarde je fais pipi!!! »

Puis tu prendras la route, ton enfant s’endormira en 1 minute et demie et tu réaliseras arriver chez toi que tu as oublié un voire deux trucs sur la plage…

Rassure-moi, je suis pas la seule à vivre ça non?

Des bisous,

Anaïs

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