La vie après une sélection en Une sur Hellocoton

La vie après une sélection en Une d'Hellocoton-La parenthèse d'Anaïs

La blogueuse est un être particulier. Là où une personne normale se dit « je viens de me casser la gueule dans la rue pour la 3e fois du mois. Heureusement que personne ne m’a vu », la blogueuse humeur se dit « ah ben tiens, je vais aller me désinfecter le genoux et écrire un article sur mes deux pieds gauches ». Là où une fille normale se dit « elle est cool la nouvelle crème que j’ai acheté », la blogueuse beauté pense article. Là où une maman normale se dit « ma fille s’est fait mordre le nez à la crèche. Elle a du avoir mal la pauvre », une maman blogueuse se dit « mon prochain article portera sur « le symbolisme de la morsure chez les touts petits » ». Bref, une blogueuse pense à son blog en permanence. Même si je suis encore qu’une toute jeune blogueuse, c’est aussi mon cas. J’ai tout le temps des idées pour de futurs articles. Après, il faut reconnaître que mon entourage joue le jeu aussi. Depuis que j’ai révélé mon identité secrète à mes proches (« Anaïs de la parenthèse d’Anaïs ». OK ça sonne moins bien que Batman mais ça claque quand même… non?) j’ai régulièrement droit à leurs propositions de sujets, du style:

Mon homme: « Ma puce, y a plus de PQ, tu devrais en faire un article ».

Mes potes: « Eh, Anaïs, t’as remarqué que ces chips croustillaient moins que celles-là, tu devrais en faire un article? Non? »

Même mon neveu de 6 ans s’y met. L’autre jour, il a demandé à me parler au téléphone et là, il me sort « Tatie, tu devrais écrire un article sur Charlot. Tu sais le vieux en noir et blanc? » Je suppose qu’il avait du voir un film de Chaplin mais what the fuck?

Bref, tout ça pour dire que je ne manque pas d’idée. Mais ces derniers temps j’ai déserté mon blog. « Pourquoi? » me diras-tu. Et si tu es sympa, tu ajouteras « la vie sans un article de toi par semaine c’est pas pareil, c’est fade, insignifiant! Ecris Anaïs je t’en supplie! Si tu le fais pas pour toi, fais le pour l’humanité. » Alors pourquoi? Tout simplement parce que j’ai du mal avec la pression… J’explique.

Il y a deux semaines mon article « quand les transports en commun te transforment en serial killeur » a été sélectionné en Une d’Hellocoton (si tu ne connais pas ce site, cours voir! C’est génial!). C’est la deuxième fois après mon article « ah si tu pouvais fermer ta gueule ». Mais l’impact sur ma journée a été le même.

En résumé, les deux fois, je me suis rendue compte que j’avais été sélectionnée grâce à mon application google analytics (qui me dit combien de personnes sont connectées sur mon blog…). Les deux fois, quand j’ai vu 32 personnes sont connectées en ce moment, je me suis dit (en jeune fille bien élevée que je suis): « y a une couille dans le pâté » (cette expression est super vulgaire, je sais. Mais je la trouve très imagée et elle m’a toujours fait rire).

Du coup, réaction de ma part: je vais sur Hellocoton et là, que vois-je? MON article! Mon petit article à moi en Une!!!! Alors, autant te préciser que les deux fois, j’ai pris conscience de ma sélection alors que je me trouvais dans un lieu public. La première fois c’était sur mon lieu de travail et j’ai réagi très calmement en hurlant « MAIIS NOOOONN!!?! » et en tapant comme une abrutie sur le mur qui me séparait du bureau de mon collègue en lui criant (dans une très mauvaise imitation des Inconnus): « j’ai été sélectioooonnée!!! » Bref, tout en retenu…

 

 

La deuxième fois, j’étais à la bibliothèque (oui, je vais à la bibliothèque) et ma réaction a été tout aussi mesurée. Je me suis mise à sauter sur ma chaise (mais uniquement des fesses… faut visualiser) en tentant à nouveau mon imitation de Pascal Légitimus auprès d’un pote. Enfin plus précisément je lui ai tapé frénétiquement sur l’épaule tout en lui montrant mon écran d’ordi et en essayant de crier sans faire de bruit (bibliothèque oblige), ce qui est très difficile. En gros, ça donne pour résultat la tête d’une abrutie qui essaie d’articuler chaque syllabe avec une extinction de voix. Tout ça avec le sourire jusqu’aux oreilles. Bref, j’ai eu des réactions un peu hystériques mais franchement, le jour où ça me fera plus rien je serai vraiment devenue quelqu’un de super triste ou super prétentieux ou les deux!!

Alors bien sûr, mon hystérie ne se réduit pas à la première minute de Une. Non, elle dure beaucooouuup plus loongtemps (en moyenne une semaine)! Pour résumer, les deux fois, j’ai envoyé un message groupé à tous les membres de ma famille et amis (oui, j’ai fais la même chose que pour la naissance de ma fille…). En gros le texto était rempli de points d’exclamations, de « hihi » ou encore de « popopowwww ».

Et après le texto, c’est là que tout a basculé. Perso, je suis tombée dans un délire mégalo, chevilles qui gonflent et tête de 50 cm de diamètres.

En bref, voilà les idées qui me sont passées par la tête:

« Popopowwww j’aime ma vie! »

-« La consécration bordel, la consécration!!!! »

-« J’arrête tout! Je démissionne et je me lance dans l’écriture. De toute façon, d’ici deux ou trois semaines, un éditeur va me contacter c’est sûr ».

-« Est-ce que je prendrai un air détaché ou est-ce qu’il vaut mieux que je pleure (genre je suis humaine vous savez) le jour où on me remettra le prix Goncourt« .

-« Est-ce qu’il faut que je change mon répondeur en un truc du style « vous êtes bien sur le téléphone d’Anaïs. Je suis trop occupée à faire des captures d’écran de mon article en Une d’Hellocoton pour vous répondre. Mais laissez moi vos coordonnées et je vous rappellerai si j’ai le temps… » »

-« Mouhaahahhaaa je suis un génie!! »

Ah ben oui, on sort pas indemne d’un truc comme ça. Après, pour ma défense (ou plutôt, pour m’enfoncer), j’ai une tendance à la sur-réaction pour tout. Le jour où j’ai vu ma fille de 12 mois tenir un stylo comme une grande j’ai pensé « elle est supérieurement intelligente. Cette petite aura un prix Nobel (de dessin) ». Pareil, le jour où la prof de théâtre m’a dit que j’avais du potentiel. J’ai tout de suite commencé à réfléchir à un discours pour mon César du meilleur espoir féminin (je te le dédicacerai maman!!!!). Bon, le problème c’est que ça va aussi dans l’autre sens. Si un collègue me fait remarquer qu’il n’est pas d’accord avec ma position sur un certain point je me remets en question sur ce point… puis sur tout mon boulot…puis sur ma vie!! Bref, l’engrenage!

En tout cas, pour la sélection en Une d’Hellocoton j’étais plutôt dans une spirale (trop?) positive. Jusqu’à ce que je pense au « syndrome Macaulay Culkin ». Et là tu comprends pourquoi je parle de pression? Non? Putain, Macaulay Culkin!?! Le gosse a son avenir tout tracé avec Maman j’ai raté l’avion, et aujourd’hui?? Ben aujourd’hui, il est pas vraiment au top quoi!!! Et du coup, tu commences à me connaître, je me suis imaginée tomber dans la démesure, l’alcool, la drogue, avoir les cheveux gras, me laisser aller et ne jamais réussir à me retrouver à nouveau en Une d’Hellocoton. Voilà pourquoi je te parle de pression.

Mais, c’est bon! Je suis revenue sur terre et ayé, la pression est retombée et c’est reparti: je vais essayer d’écrire à nouveau un voire deux articles par semaines (youhou! Quelle audace)! Et advienne que pourra pour une prochaine sélection en Une!! Et ce jour là, je jure solennellement que enfin, je maitriserai mon imitation des inconnus à la perfection!! « J’ai été sélectiooonnnéée!! »

Des bisous,

Anaïs

Rendez-vous sur Hellocoton !

20 thoughts on “La vie après une sélection en Une sur Hellocoton

  1. Ben, nous on l’attendait ton article et on se disait : jamais elle en fait un autre!!! C’est pas humain de nous faire attendre comme ça…

    1. Merci Raphie! Ton message me fait très plaisir. Je suis fan de ton univers! Tes articles me font toujours mourir de rire! J’en profite aussi pour te féliciter! À bientôt j’espère!

  2. Ahahah Anaïs ton article m’a fait trop rire dès le début (moi aussi les rares qui sont au courant pour mon blog me font des vannes ou me disent « hey, tu devrais écrir un article dessus », « tu feras une revue sur la crème pour les mains que je t’ai offerte »,etc
    Moi je ne me suis jamais retrouvée en une et j’ose à peine imaginer ce que ça ferait, mais je pense bien à une de tes deux réactions, car rien que le fait d’être dans « frais et populaire » me met dans un de cet états ou pire: « elles ont la cote »
    Hahaha c’est vrai que la blogueuse est un curieux énergumène 😉 bises et bon week end!

    1. @majiji c’est super aussi « frais et populaire » ou « elles ont la cote »!!! J’y ai jamais eu droit mais si un jour je vois mon nom dans ces rubriques je pense que là on me récupère plus niveau melon!! Merci beaucoup pour ton commentaire! Bises et bon dimanche!

  3. Haha super ton article ! Ton collègue qui était dans le bureau d’à côté a du effectivement te trouver un peu chelou sur les bords au moment ou l’explosion de joie. 🙂

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