Les raisons de la paren(thèse)

liberée-delivrée

Me revoilà!!! Enfin!

Je suis de retour! Ça y est, j’ai de nouveau du temps pour mon piti blog. Je vais pouvoir me remettre à mes articles humeurs, beauté et tout et tout… Mais avant de repartir sur du classique, je voulais faire un article un peu spécial. Je me suis dit que j’allais pas me repointer comme ça, l’air de rien. Genre, j’ai disparu des radars depuis presque 1 an mais on fait comme si de rien n’était! Nooon! Je suis pas comme ça. Je te dois une explication pour t’avoir lâchement abandonné… Et, du coup, je vais en profiter pour t’expliquer les secrets du nom de mon blog!

Alors, voilà! Revenons aux sources. Pourquoi je me suis lancée dans ce blog? Pourquoi ce nom? Et pourquoi cette absence? La réponse tient en 5 lettres: T-H-E-S-E.

Eh oui… Je suis une thésarde. Enfin, j’étais une thésarde. Je ne le suis plus depuis hier, 15h32, heure à laquelle j’ai posté ma thèse (beau bébé de 1kg 253) aux membres de mon jury. Pourquoi je te parle de ça? Parce que je me suis lancée dans ce blog, en partie, à cause de la thèse. J’adore écrire, mais j’en avais marre de devoir faire attention à la moindre tournure de phrase, à devoir justifier en note de bas de page la moindre de mes sources, etc. Surtout j’en avais marre d’être obsédée par ma thèse. Je ne pensais qu’à ça tous les jours. Je rêvais de ça la nuit. Je raccrochais tout ce que j’entendais, lisais, voyais à mon sujet. Bref, je devenais folle.

Le blog a été une véritable parenthèse pour moi. Ça m’a permis de penser à autre chose et surtout d’écrire pour le plaisir. J’ai choisi le nom « La parenthèse d’Anaïs » en référence au bol de fraîcheur qu’il allait m’apporter (et j’espérais aussi un peu qu’il ai cet effet sur toi…). Mais ce n’est pas la seule raison. Attention, analyse de texte en perspective. Sortez les cahiers et les stylos! Le mot « parenthèse » n’avait pas que cette signification pour moi. Il avait l’avantage de recouvrir deux facettes de ma vie : la parentalité puisque je me suis lancée dans le blog peu de temps après la naissance de ma fille ET la thèse! Paren/thèse. Ouais je vais loin dans l’explication textuelle… (je te rassure, c’est pas une thèse de littérature que je viens de terminer). Bon, par contre, je vais pas m’arrêter sur les raisons du choix du prénom Anaïs… On est d’accord?

Donc voilà pour l’explication. Maintenant, pourquoi je te raconte ça? Parce que la thèse a été la raison pour laquelle j’ai du mettre mon blog en sommeil depuis quelques mois. J’étais rentrée dans la dernière année de thèse (aussi appelée dans le milieu des thésards: année de la loose, année de merde, année de l’angoisse ou encore, année de la putain de sa mère pourquoi je me suis lancée dans ça).

Pour t’expliquer en quelques mots, la dernière année de thèse, c’est celle où tu regardes dans le rétroviseur et tu as envie de piquer la DeLorean de Marty pour aller te voir du temps où tu étais jeune thésarde de première année et où tu t’accordais tous tes week-end en mode « j’ai le temps ». Tu as donc envie d’aller voir le « toi d’il y a 4 ans », de mettre tes mains sur chacune de tes épaules. Pas pour un gros câlin… Non! Pour te secouer et te dire: « putain mais qu’est ce que tu fous!? Bouge-toi! Bouge-toi!!!!!!!! » Et, en même temps, me connaissant, je pense que même si j’avais bosser tous les week-ends, j’aurais été dans le même état à la fin… (résumé de l’état en question : passages variables entre crises d’angoisse, crises de pleur, crises de nerfs, le tout entrecoupé de la phase que j’appelle « la phase de toute façon, j’en ai plus rien à foutre »).
Bref, j’en suis arrivée à bout! Et j’ai terminé en écrivant les remerciements. Tu dois te dire que c’est la partie la plus sympa du travail. Oui, moi aussi je pensais ça, sauf que j’étais tellement fatiguée, j’étais arrivée à un point où écrire la moindre phrase me paraissait impossible. Du coup j’ai mis 3h30 pour écrire une pauvre petite page de remerciements… Avec le recul, je me dis que la fatigue n’est pas la seule raison. En fait, je pense que j’étais frustrée de ne pas pouvoir dire tout ce que je voulais. Ben ouais, les remerciements sont à part du corps du texte mais ils restent dans la thèse, donc ça reste sérieux. Faut pas dire n’importe quoi dedans. Et je pense que si j’avais pu être un peu plus naturelle, j’aurais eu plus d’inspirations. Et mes remerciements aurait peut-être ressemblait à un truc dans ce genre :

« Mes remerciements s’adressent en premier lieu à mes parents. Je tiens surtout à remercier ma mère d’avoir arrêté de me demander où j’en étais dans « mon mémoire » au bout de ma quatrième année de thèse. Je ne saurais jamais si ce sont mes regards noirs ou mes « putain, mais c’est pas un mémoire!!!! » qui lui ont fait comprendre qu’il était peut-être temps de revoir son vocabulaire.

Je voudrais également saluer toutes les personnes qui m’ont empêché de prendre la grosse tête grâce à leurs gentilles remarques. Il me serait impossible de toutes les citer ici mais je retiendrais comme exemple: »T’en as pas marre d’être encore étudiante? Ouais d’accord t’es plus vraiment étudiante mais bon, tu travailles pas vraiment… Ouais OK tu es payée mais c’est pas vraiment sérieux… Quoi? Tu touches autant? Pour ce que tu fais? C’est dingue! Ça va te faire bizarre quand t’auras un vrai travail… Mais qui va la lire ta thèse? Ça intéresse qui? J’ai pas compris l’intérêt de ton sujet »Merci à toutes les personnes qui m’ont tenu ces discours. Grâce à vous, je n’ai jamais ressenti de sentiment de supériorité (non, je me suis plutôt sentie comme une grosse merde…).

Je tiens à remercier ma voisine pour sa patience et son calme. Jamais elle n’est venue se plaindre de mes hurlements. Je me doute que d’entendre « Wouhhhaaaa j’en ai maaaaarre!! » « Pourquoi? Pourrrquoooooiiii? ou « RHHAAAAAAA il est où ce putain d’article?? » à 3h du mat peut parfois être gênant et je suis navrée du dérangement que j’ai pu causé. J’en profite pour également m’excuser de mes nombreux craquages musicaux. Il est vrai que j’aurai pu baisser le son de la musique, mais le volume faisait partie de mon rituel « je chante en sautant à travers tout l’appartement sur ma playlist de la honte ».

Cela me conduit à mes remerciements suivants: merci à Justin, Jason, Maitre, Marilyn, Soprano et les autres…

Merci à la bibliothèque Nationale de France, non seulement pour m’avoir servi de QG pendant un certain nombre d’années, mais surtout pour m’avoir fait relativiser. Devant la folie des autres chercheurs, on se dit qu’on peut encore être sauvée…

À mon chéri, pour avoir supporté tous mes moments d’absence. Je ne parle pas ici de mes absences physiques, mais de mes absences mentales. Merci à lui d’avoir fait mine de ne pas voir que j’étais totalement ailleurs quand, alors qu’il me racontait ses matchs, je le coupais en lui demandant: « on écrit prémices ou prémisses d’après toi? » Je dois aussi le remercier d’avoir trouvé ça normal que je lui crie: « amène-moi un stylo, j’ai une idée!!!! » alors que j’étais sous la douche ou aux toilettes.

À mes proches d’avoir fait semblant de ne pas remarquer lorsque je partais en sucette et que je m’exprimais en mode thèse dans la vie de tous les jours. »Après avoir constaté un cas de déshydratation à mon sujet, j’ai logiquement envisagé de remédier à ce problème en ayant recours à la technique classique dite « de boire un verre ». Néanmoins, ayant établi qu’il ne restait plus de coca dans le frigo et compte tenu du peu d’affection que je porte à la bière, j’ai, dès lors, décidé de me servir un verre d’eau ». Déformation professionnelle….

À mes amis non thésards ou anciens thésards car, grâce à eux, j’ai pu avoir une vie sociale par procuration. Je profite de ces remerciements pour m’excuser auprès d’eux d’avoir été « un peu » intrusive dans leur vie intime. D’accord j’envoyais des textos du mode: « t’es toujours avec elle là? » « Elle est habillée comment? » Elle t’a dit quoi? » « Oh, et toi tu lui as répondu quoi? » Mais c’était le seul moyen de me sentir un peu vivante…

À mon pharmacien de m’avoir mis en garde contre les effets du Guronzan, m’avoir conseillé de ne pas en abuser et de réserver la prise aux moments où j’en avais vraiment besoin et de ne pas m’avoir jugé quand je suis revenue acheter une seconde boîte 10 jours après mon premier passage.

Merci également à la caissière du Carrefour market de n’avoir porté aucun jugement lorsque mes courses se réduisaient à des bonbons, du saucisson, une pizza et deux packs de Redbull.

Merci à Ginette, la souris qui a fait son apparition chez moi cet été. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’elle a comblé l’absence de mon homme et de ma fille, mais, passé le dégoût qu’elle m’inspirait, sa présence m’a fait me sentir moins seule. NB: Ginette, si jamais tu me lis depuis l’au-delà, je suis navrée pour la tapette. Ce n’était pas mon idée… Et si jamais tu es toujours en vie, je t’ai laissé une biscotte. Tu risques d’avoir un brin mal au cou si tu y goutes mais bon, comme je te disais, c’était pas mon idée… »

Des bisous,

Anaïs

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2 thoughts on “Les raisons de la paren(thèse)

  1. Coucou Anaïs. Eh bien ravie de te revoir. En tout cas tu n’as pas perdu ton style d’écriture et ton humour qui me manquait tant. Alors j’ai hâte de lire tes prochains articles. Et félicitations pour ta thèse. Tu es très méritante de l’avoir passé en ayant une petite fille. Gros bisous

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